
«
L'indolente volupté de nous
» ©
Jean-Michel Ducrot-Sylla
C'est
d'un geste gracieusement charnel, d'une courbe presque
intolérable de la main, qu'on dissimule nos
tremblements
Personne ne sait exactement ce pour quoi on s'enflamme
: ce peut être un jardin défleuri, un
arbre effeuillé
qui sait ? La peinture de
l'immobile, la fixité dans la mouvance,
peut-être aussi cette brise de novembre, ce
siroco devenu glacial
Personne ne sait tout à fait ce qu'est la folie
de l'autre
peut-être est-ce une musique
dans un silence trop sourd ou bien des gammes qui
s'épuisent sur un piano vieux de cent ans, mais
peut-être aussi un lit languissant au soleil de
juin, une ombre en pleine lumière, un
fantôme au paradis
Il m'est impossible de savoir ce pour quoi l'autre est
là
comme un parfum en émoi, comme
une trace figée, défaite mais
visible
Mais il est des certitudes, des doutes effacés
:
Tu as été et tu es encore la glace
figée en plein avril, une sorte de
trésor caché sous terre, de la mousse
sur le sable du désert, une fuite qu'on
espère encore, un ennui qu'on étreint
sans cesse, un espace vide qu'on essaye de combler,
une larme qu'on efface du revers de la main, un
souvenir véhiculé au travers des
années
Il n'y a rien en moi qui nous ressemble
seule
l'indolente volupté de nous !
Damas, Syrie , 15 avril 2004
© 2002 JimmySabater -
Tous droits réservés
Copies, téléchargements, archivages et
reproductionspartielles ou totales interdits sur tout le site (sauf
documentspromotionnels indiqués).
This site is registred and protected, copies
areforbidden.