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EMMANUEL
MENARD


Sonnet d'automne
Obsession
Le Chat
Causerie
Réversibilité
Ciel Brouillé
La Vie Antérieure


Sonnet d'automne


Réversibilité


Obsession


La Vie Antérieure

Le Chat

Causerie


Ciel Brouillé

Emmanuel Ménard

Editeur - Ecrivain
 

Il n'y a pas si longtemps, j'étais invité dans une émission de radio littéraire. À mes côtés se trouvaient d'autres auteurs, visiblement plus sérieux que moi à en juger par leurs maisons d'édition et leur air compassé (en un seul mot… quoique…).

Je sentais confusément que je n'étais auprès de ces jeunes génies (l'un d'eux venait de publier à vingt ans son premier roman chez un de ces éditeurs reconnus, de ceux qui compétitionnent annuellement pour les Goncourt, Fémina et autres Renaudot) qu'un scribouillard sans talent, un écriveur et non un écrivain. Et j'ai eu la confirmation de ce triste état de fait lorsque le génie susnommé a parlé de la création, de l'écriture qui étaient, pour lui « une souffrance, une douleur intolérable mais nécessaire » (je ne garantis pas l'exactitude des termes employés, mais l'idée était bien là).

Là, me suis-je dit, c'est sûr : moi, je ne suis pas un vrai écrivain.

 

Parce que moi, j'écris pour le plaisir et pas pour la souffrance. J'écris parce que j'aime ça, parce que j'aime inventer des histoires, parce que j'aime l'idée que des lecteurs vont être happés, embringués dans mon univers, que je vais les transporter ailleurs pendant deux cents pages.

 

C'est vrai ça, d'abord, pourquoi écrit-on ?

 

Comme beaucoup de monde, j'ai commencé à écrire au moment de mon premier chagrin d'amour (Nadine, si tu lis ces lignes, tu vois un peu ce que tu as fait !). Et puis ensuite, je me suis aperçu que j'aimais ça. Évidemment, pour mon biographe, ce n'est pas une genèse artistique bien passionnante. Disons un peu terre-à-terre, mais bon, on va faire avec.

 

Alors en principe, là, il faudrait peut-être que je me présente. Euh… Emmanuel Ménard, 1m75 (quoi qu'en disent certaines méchantes langues qui affirment que je ne dépasse pas les 174 centimètres), somptueusement beau et séduisant (c'est ma mère qui le dit), bourré de talent (au pluriel et au singulier) (ma mère, encore une fois). Je peux ajouter que je chausse du 41, et là, ce n'est pas ma mère qui le dit ! (c'est mon pédicure).

 

J'ai travaillé (disons même besogné) dans l'industrie, d'abord comme ingénieur de recherche puis comme chargé de recrutement. Et puis, écœuré par ce milieu fétide, j'ai changé mon fusil d'épaule, et me voilà prof de français dans une ZEP de Champigny (94) « Les Boullereaux », entouré de collègues formidables et d'élèves que j'adore (et qui, pour certains, me le rendent un peu). Bon, c'est toujours aussi peu passionnant ? Essayons autre chose.

 

Côté livres, j'ai publié cinq romans et cofondé une maison d'édition, la première sur internet :www.cylibris.com. Ah, ça devient plus intéressant.

 

CyLibris, d'abord. Fondée en 1996, tournée vers les premières œuvres (mais pas exclusivement) ; a déjà publié une cinquantaine de textes (théâtre, poésie et surtout romans) en littérature générale, polar, SF, fantastique (catalogue disponible sur le site) ; a reçu, en 1999 le grand prix de la Société des Gens de Lettres pour La Toile, de Jean-Pierre Balpe.

Je m'arrête là, mais je pourrais en tartiner des kilos ! Allez plutôt voir lesite, il vous en dira plus que moi.

 

Mes livres à moi personnellement tout seul, à présent (Aaaah, enfin, s'exclame-t-on dans le public. Ce doit être ma mère). Voici une petite bibliographie (que j'espère provisoire) :

 

ROMANS

 

"LA DERNIÈRE VICTIME"

Éditions du Masque (Prix Cognac 1992)

épuisé

 

"C'EST TOUJOURS MOINS GRAVE QU'UNE JAMBE CASSÉE"

DLM Éditions

Réédité chez H&O Éditions

 

"CANNIBALES"

Éditions Zulma, collection Quatre-Bis (juin 97)

 

"UN PAQUEBOT NOMMÉ DÉLIRE"

H&O Éditions (février 2000)

 

"LE SOMMEIL DU JUSTE"

CyLibris Éditions &endash; collection Science-Fiction/Anticipation (octobre 2000)

 

 

NOUVELLES

 

"O TEMPS SUSPENDS TON VOL"

Esthétique Cahier Spécial Nouvelles (1993)

Supplément Réverbère Spécial Nouvelles N°2 (Août 94)

 

"LA FILLE DE L'AUTOROUTE"

Supplément Réverbère Spécial Nouvelles N°2 (Août 94)

 

"VAUDEVILLE"

Supplément Réverbère Spécial Nouvelles N°3 (Novembre 94)

 

"UN PEU DE PLAISIR, MESDAMES ?"

Supplément Réverbère Spécial Nouvelles N°4 (Mars 95)

 

"CONFIDENCE POUR CONFIDENCE"

L'Encrier Renversé (Novembre 95) - 1er Prix du Concours de Nouvelles 95 de l'Encrier Renversé

 

"RÉVERSIBILITÉ"

R.A.S. N°1 (Avril 98)

 

 

Et oui, il y a de tout : du polar (La Dernière victime), du suspense (Cannibales), de l'humour (C'est Toujours moins Grave qu'une jambe cassée et Un Paquebot nommé Délire) et de l'anticipation (Le Sommeil du juste). Plus des nouvelles, mais ce n'est pas mon domaine préféré...

 

Pour en savoir plus, je vous renvoie aux sites des éditeurs :

www.ho-editions.fr

www.cylibris.com

  

 

 

 

Et à la passionnante interview que j'avais accordé à Henri Dhelemmes, mon éditeur et ami :

 

Question posée par Albert Jébocousouffert, auteur de "Je bande mou" aux éditions "La Pensée Universelle" :

Après "C'est toujours moins grave qu'une jambe cassée", vous publiez un nouveau roman humoristique qui est une sorte de "La croisière s'amuse" gay. N'est-ce pas un peu dévalorisant de "faire dans la comédie" alors qu'il y a de si beaux livres tragiques à faire sur la "problématique" gay, les tourments de l'"âme gay" et le trou de mon nombril gay ?

 

Cher M. Jébocousouffert,

je comprends fort bien votre souci. En effet, depuis que les intégristes et intolérants de tous bords nous serinent qu'en tant que gays, nous sommes plus ou moins monstrueux donc condamnés à souffrir et à être malheureux, nombre d'entre nous ont fini par si bien intégrer la leçon qu'il la répètent d'eux-mêmes et avec plus de conviction encore que nos détracteurs patentés (voir la 4ème question).

Je conçois bien qu'il peut être choquant, dès lors, de lire sous la plume d'un auteur réputé gay (à en croire toutes les femmes qui se sont cassé les dents sur mon cas), un roman amusant mettant en scène des homosexuels heureux et décomplexés. Pour ma défense, je vous dirai ceci, cher monsieur : d'abord, c'est de la fiction. Donc forcément, il y a un côté imaginaire. Nous sommes bien conscients, mon éditeur et moi (parce qu'il ne faudrait pas non plus oublier que ce coco est au moins aussi responsable que moi de la production de l'infamant opuscule susnommé) qu'il est peu vraisemblable de présenter ainsi des gays débarrassés de tout trouble existentiel et qui ne passent pas leurs journées à pleurer sur leur infirmité et le gâchis de leur pauvre vie de tapiole. Mais si on ne peut pas faire preuve d'un peu d'imagination débridée !… Et puis bon, il y a tout de même le personnage de Romuald, pédé honteux s'il en fût, qui rachète un peu les excès absurdes du reste du livre !

J'ajouterai enfin que, pour ce qui est de traiter en 300 pages des tourments du nombril gay (et d'autres orifices moins ombilicaux mais bien plus jouissivement utilisables) ou de la douleur ineffable d'être un gay rejeté par la société, par ses parents, par son petit ami et par le chat de sa concierge, de nombreux auteurs le font déjà, et bien mieux que je ne saurais le faire, encombré que je suis de ce grotesque optimisme littéraire (rassurez-vous, dans la vie, je suis aussi torturé, dépressif, suicidaire et placardisé que vous !). Je préfère donc les laisser œuvrer dans le bon sens pour la reconnaissance de l'homosexualité, « ce douloureux problème ».

 

 

Question posée par le petit Sigmund F., de Vienne :

On remarque dans votre bibliographie que tous vos romans gay sont humoristiques et que tous les romans n'abordant pas directement une thématique gay sont plutôt "sérieux" (c'est le cas de votre premier roman "La dernière victime" au Masque, de "Cannibales" chez Zulma et aussi du tout dernier, "Le sommeil du juste" chez Cylibris), ça doit bien vouloir dire quelque chose, au niveau de votre vécu, non ? Faites-vous des rêves étranges et pénétrants ? Couscous ?

 

Mon cher petit Sigmund,

premièrement, est-ce que tes parents sont au courant que tu lis ce genre de livre, à ton âge, pleins de garçons dénudés et de copulations suspectes ? Tss tss tss.

Pour ce qui est de ta question à proprement parler, je remarque d'abord avec plaisir que tu sembles très au fait de mon Œuvre (merci de ne pas oublier la majuscule) ce qui t'honore (nettement plus que la question elle-même, tout juste digne d'un prof de français de banlieue parisienne). Il est vrai que mon Œuvre (voir la remarque ci-dessus) pourrait aisément se découper en deux grandes parties : l'une gay (et jusqu'à présent supposément humoristique) et l'autre déconnectée de toute thématique homosexuelle (malgré la présence d'un personnage gay très important dans « Cannibales ») et à vocation non spécifiquement humoristique.

Cela veut sans doute dire quelque chose, mais ça m'étonnerait que ça te regarde, ne t'a-t-on jamais dit de t'occuper de tes affaires au lieu de fourrer ton nez dans celles des autres ? Ceci dit, je n'écarte pas le moins du monde la possibilité d'écrire prochainement un roman gay qui ne serait pas une comédie (je ne promets pourtant pas à M. Jébocousouffert un quota acceptable de suicides en fin de livre) ou un roman humoristique non-gay. L'avenir nous le dira, d'où l'intérêt de continuer à suivre attentivement l'évolution de mon Œuvre.

A propos de mes rêves, d'abord mêle-toi donc de tes affaires, petit morveux indiscret, et ensuite si les rêves en question étaient vraiment pénétrants, ce ne serait pas de ton âge (et pour moi, ce serait beaucoup plus agréable).

Pour ce qui est du couscous (qui n'est ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre), ce sera avec plaisir, sauf pour la merguez qui me donne parfois des aigreurs d'estomac.

 

PS : il serait temps que les parents viennois surveillent plus attentivement leurs moutards ! Celui-ci virerait tôt ou tard à l'obsédé sexuel que ça ne m'étonnerait pas.

 

 

Question posée par Branlon Le Marlo, pisse-copie au magazine "Obstiné" :

Nous autres, critiques parisianants, on va bien sûr traiter votre roman avec un mépris souverain. On l'assassinera peut-être d'une phrase, en jubilant comme des tiques sur une ecchymose. On a un petit pouvoir, on va s'en servir. Pourtant, il va se vendre comme des petits pains, à l'instar de la "Jambe cassée" qui a déjà connu trois éditions. Est-ce que vous ne trouvez pas cela un peu injuste ? Vos lecteurs n'écoutent pas ce qu'on leur dit, c'est eux qui sont cons ou c'est nous ?

 

Mon bon Branlon,

la question que vous soulevez là n'est pas sans fondement, et à propos de fondement, ayant lu récemment votre prose d'une fesse distraite, je compatis au dilemme qui vous agite. Il s'agit finalement du problème des deux types de lecteurs majoritaires que l'on connaît aujourd'hui, séparés par un abîme (que dis-je, un abîme, c'est une péninsule !) : les lecteurs qui lisent les livres et les lecteurs qui en font la critique.

L'écart qui sépare ces deux populations est général, mais il semble plus prononcé encore si l'on se penche sur le cas de la presse gay parisianiste, comme vous le faites d'ailleurs très justement observer vous-même.

Dans un cas, nous avons des gens qui achètent les livres et les lisent dans l'espoir (parfois déçu) de passer un bon moment, et dans l'autre, des gens qui ne payent que très occasionnellement les livres (merci les services de presse) et ne les lisent que dans l'espoir de donner leur opinion (rarement argumentée) comme s'ils délivraient des oracles à la Nostradamus (certes, cette seconde définition est très restrictive : j'ai moi-même connu, à l'époque où j'œuvrais dans la critique littéraire, quelques journalistes qui obéissaient, pour rédiger leurs chroniques, à des motifs autrement plus nobles (comme de renvoyer par avance l'ascenseur à tel bon ami éditeur qui publierait peut-être tel récit de drague composé une nuit d'insomnie, ou comme d'étalonner directement la flatterie de leur prose sur le degré auquel il souhaitait coucher avec l'auteur)). En d'autres termes, le débat soulevé par Patrice Leconte sur la critique cinématographique était fort pertinent, mais il eût été encore plus pertinent de l'étendre au cas de la critique littéraire où il se pose avec une acuité bien plus grande.

Bref, la question se pose de savoir pour qui écrivent les auteurs. Et là, mea culpa, je dois admettre à ma grande honte, que je suis fautif : en effet, j'ai le sentiment de destiner mes écrits davantage à ceux qui les apprécient ou du moins leur donnent une chance avant que de les juger, plutôt qu'à ceux qui n'y jetteront qu'un œil méprisant et déjà plein d'une opinion préconçue avant de, dans le meilleur des cas, baver dessus d'une phrase nonchalamment assassine, et dans le pire des cas, de l'ignorer superbement.

Vous n'avez pas tort, une nouvelle fois, de signaler d'ailleurs le mépris avec lequel fut traitée en son temps ma « Jambe Cassée », entre autres par « Obstiné » (qui depuis a progressé, puisque vous m'avez gratifié de deux méprisantes lignes et demi lors de la réédition), et de faire remarquer que cela n'a pas empêché ce roman d'être réédité à deux reprises (dont la dernière fois en poche). Serait-ce à dire que les lecteurs dits « moyens » (ce qui signifie probablement qu'au contraire des critiques, ils ont les moyens de payer leurs livres &endash; ce qui explique sans doute que les uns y accordent plus de valeur que les autres) sont capables de se faire une opinion par eux-mêmes, sans se ranger systématiquement aux avis péremptoires que vous avez la bonté de leur dispenser ? Cette effrayante hypothèse est peut-être à envisager, de même que son épouvantable corollaire : et si les lecteurs n'étaient pas de sombres abrutis incapables de réfléchir tous seuls ? Angoissante question, qui remettrait dangereusement en question la critique littéraire telle que vous la pratiquez, à mille lieues de celle qu'a inventée Proust il y a un (ou deux, je ne sais jamais) siècle(s) et qui visait à analyser, à commenter, en un mot à être elle-même une production littéraire.

Comprenant votre anxiété, je vous soutiens moralement, mais vous me pardonnerez néanmoins de continuer à écrire pour ceux qui lisent (et parfois aiment) ce que je fais plutôt que pour vous et vos semblables.

Quant à savoir qui est « con » dans l'histoire, rassurez-vous, ce n'est ni vous, ni le lecteur. C'est surtout l'auteur qui, en pure perte, s'obstine à argumenter avec vous sur des questions d'honnêteté intellectuelle

 

 

Question posée par Christine B., députée des Y. :

Le héros de votre roman, Joachim Sigismond, compose un personnage de prêtre extrêmement sympathique, d'une grande intelligence, sensible et ardent dans sa foi. N'est-ce pas un peu "trop" ? Son vaillant et courageux combat se heurte à la méchanceté et aux railleries des personnes humaines homosexuelles, pour qui, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain et qu'il convient de confesser avant toute exécution sommaire. Vous ne respectez donc rien ? La Famille pour vous n'est-elle qu'un vain mot ? Plus généralement, y a-t-il encore une place pour le militantisme gay dans ce bas monde ? Depuis le vote du PaCS, vous avez gagné, nous allons assister à la fin de la civilisation occidentale, votre ouvrage en est l'illustration, ça vous amuse ?

 

Très chère C. (pour qui, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain),

tout d'abord, acceptez mes félicitations pour votre désopilant roman comique, « Les Larmes de la Raie Publique », grâce auquel j'ai passé de joyeux moments. C'est d'avoir des modèles tels que vous qui entretient la vocation de modestes gribouilleux comme moi à écrire des textes d'humour. Et les réponses sournoises, et à la pertinence déplaisante et déplacée, comme celles qu'a commises mon propre éditeur, dont je me désolidarise pour l'occasion (mais pour qui, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain), ne changeront rien à votre talent et à l'admiration que nous sommes nombreux à vous porter.

Mais parlons à présent de mon propre livre, « Un P. nommé D. ». Il est vrai qu'imposer un personnage pur comme Joachim face à paquebot entier rempli de sales pédales obsédées et dégueulasses (pour lesquels, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain) tenait de la gageure. Il m'a pourtant paru nécessaire de laisser subsister une lueur d'espoir face à ce naufrage (hi hi hi, humour !) social, moral et sexuel que représente l'état actuel de notre société. Le PaCS, dites-vous ? S'il n'y avait que cela, encore aurions-nous une chance de sauver la Famille (pour qui, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain) et les vraies valeurs qui ont forgé notre république à l'époque où on pouvait faire décapiter tous ceux qu'on aimait pas avec une simple lettre à qui de droit… mais ne nous laissons pas aller à la nostalgie facile. Bref, s'il n'y avait que le PaCS !… Mais non.

Tenez, l'autre jour, je déambulai dans les rues (je sortais de la poste où j'avais déposé quelques courriers anonymes pour l'administration du fisc concernant mes voisins Levy et Silberstein, pour qui, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain) lorsque j'ai croisé deux sodomites qui se tenaient la main pour se promener. Si, si, je vous assure. Ils faisaient vraiment comme s'ils s'aimaient, et pas comme s'ils voulaient juste s'envoyer en l'air.

Et ce n'est pas tout : avant-hier, je déambulai dans les rues (je sortais de la poste où j'avais déposé quelques courriers anonymes pour le ministère de l'Intérieur concernant mes voisins Abdelkader et M'Diop, pour qui, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain) lorsque j'ai vu deux femmes s'embrasser. En public. Et sur la bouche, avec la langue qui décrasse les caries, et tout et tout. L'horreur.

Alors quand vous dites que la France est en danger, je ne peux qu'opiner. Mon roman n'a d'autre but que de dénoncer ce scandaleux état de fait, et si Joachim, en fin de compte, s'avère impuissant à endiguer ce flot de perversion, pour lequel, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain, c'est parce que mon livre se veut un cri d'alarme. Si nous ne réagissons pas très vite, il sera trop tard.

J'aurais adoré discuter plus longtemps avec vous, mais là, je suis pressé : je dois rédiger quelques courriers anonymes pour le Club des Joyeux Casseurs des Pédés concernant mon couple de voisins de palier, Jean-Mimi et son petit copain actuel, pour lesquels, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain mais qui m'ennuient à pousser des cris d'extase à trois heures du matin.

Allez, au travail (et à la famille et à la patrie),

Bien à vous

 

Emmanuel M. (pour qui, par ailleurs, j'ai le plus grand respect humain… et cette fois-ci, au moins, je le pense)

 

Non, décidément, je ne suis pas un écrivain : écrire ne me fait vraiment pas souffrir !

 

Emmanuel Ménard

emenard@noos.fr

 

 




   

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